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Certains te tournent le dos, d’autres te bousculent :
« Dépêche-toi ! » « C’est pas un humain, ne sois pas ridicule! »
On te donne des raisons, qui sont autant de prisons
Un dilemme impossible et humiliant :
Ce sera ta vie ou la vie de ton enfant !

« T’es trop jeune! » « Je te mets dehors! » « C’est moi ou le bébé! »
Est-ce à toi ou aux autres que profite l’IVG ?
Tu finis par céder à leurs arguments
Tant de mots hostiles, ils t’ont abandonnée
Tu n’avortes pas de gaîté de coeur, pas librement
Pas parce que tu le veux mais parce qu’on ne te veut pas maman

Ils disent que t’auras « un ange » là-haut, quelque part
Comme si ça pouvait rendre beau cet acte barbare
Pourtant, dans ton cœur, toi, tu l’aimes déjà
Cet enfant à naître, il fait partie de toi.

Maintenant, te voilà seule avec tes larmes, avec ton sang
Le « choix » a pris celui qui était, peut-être, ton seul enfant
As-tu le droit de pleurer ? Même pas ! Ils disent: « Tu l’as voulu ! »
Ton ventre et ton coeur sont vides. Et ta peine? Elle est exclue.
Ma soeur, je ne te promets pas d’effacer ton chagrin,
Mais ensemble, libérons-nous du silence assassin
Partageons nos histoires pour changer les mentalités ;
Le tabou de la femme enceinte non-voulue par la société.

Quand on rejette l’enfant, on rejette aussi la mère !
L’avortement détruit deux vies : l’une finit ; l’autre devient amère.
« L’interruption » est un mensonge. « Volontaire », un bobard !
A ce que je sache, on ne reprend pas sa grossesse plus tard !
l’IVG est un acte non-désiré mais auquel on nous pousse
Car un bébé, c’est bruyant ; un ventre rond, ça les repousse !

Mères avortées, levez-vous ! Notre peine sera notre bannière
Exposons « le choix » pour ce qu’il est : du vent, de la poussière !
Exprimons nos regrets, guérissons nos blessures
Quittons à jamais ces cellules obscures
Réclamons nos droits d’être en deuil et d’aimer
Battons-nous pour que partout brille la vérité !

Ce « choix », comme ils disent, c’était mon fils, c’était ma fille
Alicia et Gabriel font partie de ma famille
Leur décès n’était pas nécessaire
Et si je ne puis revenir en arrière,
Je parlerai toujours de ces mères qu’on conteste,
De l’angoisse qui dure longtemps après le jour funeste.
Il n’y a rien de pire que cette culpabilité,
L’acide qui nous ronge, le vide que rien ne satisfait

« Mon corps, mon choix » Quel boniment !
N’est-il pas temps, je vous le demande, d’arrêter la propagande ?
De changer notre attitude au lieu de créer l’inquiétude ?
Il faut qu’elle sache qu’on sera là ; qu’elle pourra compter sur nous
Au lieu de briser la mère et l’enfant, brisons le tabou !
Une grossesse, c’est pas la fin du monde, même par accident
De toute facon, personne n’est jamais prêt à devenir parent
Alors, choisissons l’amour, choisissons-les tous les deux !
Montrons-lui qu’avec notre soutien, oui, elle peut !